Nîmes (04/06/2017 - matinale) : Une pour Ponce et une pour Jimenez...

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@ElTico
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Je ne vais pas vous refaire le coup du “corrida d'expectation, corrida de déception” mais il est vrai qu'on attendait beaucoup de cette matinée Nîmoise...

Les Victoriano del Rio triomphateurs des dernières vendanges ; Enrique Ponce, Puerta Grande à Las Ventas il y a deux jours ; Roca Rey... Roca Rey et Javier Jimenez qui, dans un tel cartel, ne pouvait qu'arriver le couteau entre les dents. Au final, deux chiches oreilles, l'une pour le Maestro de Chiva et l'autre pour le tout nouveau confirmé en son alternative, Javier Jimenez... Les toros ont décidé et la matinée a parfois paru bien longue sous le (très) chaud soleil retrouvé. Ce qui fera en tous cas l'affaire des bodegas et des cafetiers... La Feria est cette fois bien lancée.

Laurent ElTico Deloye


La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Enrique Ponce salua "Casero" par un capoteo sans consistance, avant de le conduire au lancier pour une première ration très appuyée, avant une seconde beaucoup plus légère. Entame de faena par de très fins doblones dont il a le secret, connectant ainsi un peu plus avec un public acquis à sa cause. Après quelques séries de réglage sur les deux pitons, il fit parler sa technique pour bonifier les charges d'un toro qui gardait la tête haute en fin de passe. En milieu de combat, il parvint à faire monter l'intensité de sa faena par une tanda de derechazos enroulés, très esthétiques et templés, déclenchant ainsi les accords de Chicuelo. La série suivante, droitière, fut de qualité, avant que l'ensemble n'aille très rapidement à menos, la faute à un adversaire sans condition. Il tua d'une entière basse d'effet lent après pinchazo, coupant une oreille pour le moins généreuse. Oreille après avis.
Le quatrième de nom "Lastimado" ne montra rien de transcendant à sa sortie en piste, ni lors d'un tercio de pique où il reçut deux longues rations. Au dernier tiers, le Victoriano se révèla sans qualité. Après plusieurs tentatives sur chaque côté, le natif de Chiva abrégea logiquement les débats. Sans engagement lors de deux pinchazos, Ponce prit le descabello pour une mort en trois temps. Silence.

"Jocundo", toro de confirmation d'alternative de Javier Jimenez, se montra fuyant sur le capoteo de réception de l'espagnol. Observant un certain manque de force, le piquero lui infligea logiquement deux piques très minimalistes. Javier Jimenez entrecoupa le tercio de varas par un magnifique quite millimétré, mélange de tafalleras et de calecerinas, faisant réagir l'amphithéâtre. Il brinda son combat au public après la traditionnelle cérémonie de confirmation. Le diestro montra instantanément ses intentions en débutant par des statuaires à une main, sans bouger les zapatillas d'un millimètre. Hélas, le Victoriano montra vite qu'il n'était pas le collaborateur parfait mais permit tout de même à Javier de s'exprimer, malgré un manque flagrant de transmission dans ses embestidas. Sous la musique et dans un registre classique, il réalisa une faena plaisante, supérieure à gauche, terminant par une série de manoletinas très rapprochées. Une mort très laborieuse lui ôta tout espoir de promener une oreille, qui lui semblait pourtant promise. Ovation avec salut après avis.
"Jilguero" fut accueilli par veroniques avant de recevoir deux fortes prises de châtiment, données très à l'arrière. Muleta en main, Javier Jimenez ne mit pas longtemps à trouver le sitio idéal pour servir una prestation de haut niveau à ce noble exemplaire. Bien assis sur les reins, corps relâché, il imprima des séries de derechazos très harmonieuses et inspirées, connectant ainsi avec les étagères. Après une tanda gauchère non concluante, le bicho baissa subitement de ton. Il en fallait plus pour décourager l'Andalou qui alla chercher des derniers muletazos, intenses, dans des terrains réduits, faisant preuve de pouvoir et de volonté. Il paracheva cette prestation très convaincante par une entière suivie d'un coup de escabello. Oreille de poids après avis.

"Vampirito" afficha une belle bravoure lors d'une première prise de châtiment, rentrant fort dans le caparaçon et poussant en mettant bien les reins. A la fin du tercio, Roca Rey fit frissonner les tribunes du conclave par un quite de gaoneras et de calecerinas ultra serrées, déclenchant les vivas de la foule. A la muleta, Andres mit du temps à trouver le bon sitio et le bon terrain, ajouté à cela trois inhabituels désarmés , rendant le début de copie brouillon. A base d'abnégation , il parvint à améliorer un tantinet les charges d'un astado exigeant et compliqué, mais sans jamais parvenir à le faire rompre.Sans transmission ,cette faena méritoire ne trouva jamais écho dans les gradins. Il rematera sa prestation d'une lame delantera non concluante avec un grand coup de verdugo. Legers applaudissements après avis.
"Despreciado" mit bien les reins sur un double contact avec la monture, avant de voir Roca Rey dessiner des chicuelinas, frôlant la taleguilla. Il initia l'ultime tercio par statuaires pendant lequel le Victoriano perdit les mains avant de rechuter dix muletazos plus tard. Toreant à demi-hauteur, le Péruvien se montra très propre mais ne put rien tirer d'un animal invalide. Mort par une épée basse efficace au premier assaut. Silence.


Arènes de Nîmes (30)
Dimanche 4 juin à 11h30
6 toros de Victoriano del Rio
12 rencontres avec la cavalerie de Philippe Heyral
Poids : 517 , 535 , 534 , 552 , 541 , 527.
4/5ème d'arène.
Durée : 2h40
Beau temps

Enrique Ponce : Oreille après avis / Silence
Javier Jimenez : Ovation avec salut après avis / Oreille après avis
Roca Rey : Legers applaudissements après avis / Silence.

Javier Jimenez confirmait en ce jour son alternative avec "Jocundo", toro de Victoriano del Rio, portant le numéro 100, né en mars 2013 et pesant 517 kilos.
À l'issue du paseo, Ponce fut invité par le public à saluer, le maestro de Chiva convia ses compañeros à le rejoindre.

Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : ElTico