Nîmes (04/06/2017 - tarde) : Juan Bautista par la Porte des Consuls au terme de son encerrona...

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©ElTico
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Le matador de toros Juan Bautista est sorti en triomphe par la Porte des Consuls des arènes de Nîmes, en ce pour la douzième fois de sa carrière, au terme de son encerrona de ce dimanche 4 juin. Il s'agit de la première Porte des Consuls de cette Feria de Pentecôte 2017.

Mais la première des victoires du Camarguais est d'avoir quasiment rempli, sur son nom, l'amphithéâtre Nîmois. Et alors que le paseo s'ébrouait, on pouvait distinguer dans les tribunes ou en contre-piste les rugbymens William Servat et Thierry Dussautoir, l'ex-entraîneur de l'équipe de France et du PSG Laurent Blanc ainsi que l'acteur Gérard Jugnot, entre autres célébrités.
Côté piste, Juan Bautista aura fait preuve comme à son habitude, de beaucoup de coeur et d'abnégation face à une adversité qui ne s'est pas toujours mise au diapason de l'évènement. En effet, mis à part les exemplaires de La Quinta et de Jandilla, qui malheureusement pour lui ne dura pas, les autres toros ne présentaient guère d'option de triomphe. Ce qui n'empêcha pas l'arlésien de maintenir l'intérêt de la course à base de générosité, de technique et d'intelligence dans la lidia. Comme face au manso cinquième, de Carmen Lorenzo, auquel il arracha littéralement les quelques passes dont il disposait sous la Présidence. Une mort défectueuse le priva certainement d'une oreille de plus, qui aurait été chèrement acquise.
Peu importe finalement, puisque le public Nîmois, conscient de l'effort réalisé par le Maestro Arlésien et malgré une fin de course décevante, lui réserva une sortie triomphale par cette Grande Porte qu'il affectionne tant... Et l'essentiel était bien là.

Laurent ElTico Deloye


La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Le premier toro de l'encerrona, du fer de la Quinta, se montra court de charge dans le capoteo de salida de Juan Bautista avant qu'il lui fasse administrer deux petites rations de châtiment. L'arlésien initia sa faena par de soigneux doblones, genou en terre, rematés par un changement de main très classieux. Maitre dans l'art des placements, il n'en fallait pas plus pour régler un toro qui alla désormais devenir un fidèle collaborateur. Sous la musique, il embarqua le public et son toro dans un faenon, plein de temple et de variété. Avec une facilité presque insolente, il traça des tandas magnifiques, très relâchées et inspirées, pour le plus grand bonheur de l'amphithéâtre. Il fit monter un peu plus l'intensité de son trasteo lors d'un enchaînement de trois circulaires, sans bouger les zapatillas. Il logea par recibir une entière d'effet lent, dû à la caste de l'animal et put promener deux légitimes oreilles.

Juan Bautista se distingua lors de la réception de son Parladé par des veroniques allurées suivies de savoureuses chicuelinas. L'astado reçut deux légères piques, la faute à un manque de solidité palpable. Alors que le Parladé n'était pas détenteur de grandes qualités et absent de toute transmission, Juan Bautista parvint à base d'abnégation à extirper le peu de charges intéressantes qu'il détenait. Technicien hors pair, il édita une prestation très mature, se permettant le luxe d'égrainer quelques précieuses naturelles, toutes en pureté. Il tua d'une entière en place et put écouter une chaleureuse ovation après son combat.

Réception du Jandilla très décidée, par deux largas de rodillas enchaînées par une veroniques à genoux et les autres debout. Moment d'émotions lors du tercio de piques où Alberto Sandoval, éjecté violemment et spectaculairement de la monture sur la première rencontre, se plaça sous la présidence pour accueillir à plus de vingt mètres le Jandilla. S'élançant avec alegria, l'astado fut parfaitement réceptionné et piqué, déclenchant l'ovation générale et la musique pour accompagner sa sortie. A la demande du public, le français posa lui même les palos, se permettant de clouer la dernière paire au centre, al violin. Brindis à Alexandre, fils de Nimeño II et entame engagé par des muletazos de rodillas, le long des planches. Face à un animal maniable mais manquant de chispa, Juan Bautista construisit une faena très appliquée, allant a mas. Dans un trasteo parfaitement mené, il parvint à captiver le public et à l'ammener dans des échanges très calmes et ajustés. Après un pinchazo, il tua d'un estoconazo sin puntilla, déclenchant une forte pétition. Le président de la tarde sortit immédiatement les deux mouchoirs. Deux oreilles et tour de piste en compagnie d'Alberto Sandoval.

Le Pedraza de Yeltes sorti en quatrième position fut remplacé par un toro du même fer, pour cause de boiterie de l'antérieur gauche. Juan Bautista le receptionna par de dynamiques veroniques. Curro Sanchez, picador de son état, se mit directement sous la présidence pour réceptionner le bicho de loin. Hélas, le Pedraza se montra guère concerné et il a fallu une réduction significative des distances pour qu'il daigne enfin charger la monture, pour accoucher au final de deux rencontres sans histoire. Juan Bautista prit instantanément la zurda, corne plus propice au toreo. Après quelques séries de réglage sur ce piton, le camarguais trouva le bon sitio et le bon rythme à donner pour en tirer le meilleur profit et profiter des quelques embestidas qu'il permettait. Très posé et serein dans son toreo, Juan Bautista fut au dessus des conditions du toro et put délivrer quelques échanges gauchers de belle qualité. Demie en place suivie d'un grand coup de descabello. Ovation avec salut après avis.

Le Carmen Lorenzo sortit en cinquième position est un gambadeur qui arpente le ruedo dans toutes ses longueurs. Face à la cavalerie, il se montra évidemment très manso sur deux contacts, mettant les reins pendant cinq secondes avant de sortir seul. Même son de cloche au dernier tiers où le toro fuya constamment l'étoffe. Il a fallu un Juan Bautista intelligent et poderoso pour parvenir à garder dans sa muleta ce Carmen Lorenzo. Faisant l'effort, Juan Bautista l'enroula à merveille sur trois séries de derechazos, laissant bien le voile sous le museau afin de l'aspirer et lui enlever ses envies de fuite. Mort en quatre temps qui lui coûta certainement une oreille. Ovation avec salut après avis.

Le dernier de Garcigrande fut changé pour cause de fragilité excessive du train avant. Le sobrero du même fer fut réceptionné par de vibrantes veroniques avant de prendre deux petites piques. Au dernier tercio, le Garcigrande se révèla vite sans grande force. Juan Bautista soutira ce qu'il put de ce toro vite décomposé et peu propice à la pratique de la tauromachie. Entière d'effet lent. Silence.


Arènes de Nîmes (30)
Dimanche 4 juin à 18h
6 toros de différents élevages : La Quinta, Parladé, Jandilla, Pedraza de Yeltes, Carmen Lorenzo, Garcigrande.
9/10ème d'arène
Durée : 3h
Beau temps

Juan Bautista : Deux oreilles / Ovation avec salut / Deux oreilles / Ovation avec salut après avis / Ovation avec salut après avis / Silence

Juan Bautista est sorti à hombros par la porte des Consuls.
L'arlésien a effectué le paseo avec une cape de paseo ayant appartenu à Nimeño II et fut invité à saluer à l'issue.
Juan Bautista portait un costume dessiné par Christian Lacroix.
Sobresalientes : Miguel Angel Sanchez et Fernandez Pineda.

Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : ElTico