Vic-Fezensac (04/06/2017 - tarde) : Emilio de Justo conquiert Vic...

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©Philippe Latour
©Philippe Latour
Il fallait une grosse dose d’Aficion pour rester assis sur les gradins des arènes vicoises cette après-midi. Tout d’abord la course s’est déroulée sous une pluie discontinue et surtout réfrigérante. On se serait cru à Rion des Landes pour le festival de fin de saison.

De plus la corrida de Palha « bonita » de présentation aurait pu satisfaire toute autre arène mais ne correspondait pas à ce qu’on vient chercher à Vic. Légers, bravitos à la pique, nobles voire sosos, ils se sont laissés toréer avant de se décomposer en fin de faena.
Froid plus noblesse fade et ennuyeuse, heureusement qu’Emilio de Justo est venu réchauffer l’ambiance, le temps de deux faenas sérieuses et élégantes, la première conclue par un grand coup d’épée.
Alberto Aguilar a été très décevant et Ruben Pinar, très bon technicien, est un torero trop froid pour passer les rampes face à un bétail sans transmission.

Le tambour major met bien la tête des deux côtés dans le capote d’Alberto Aguilar. Il prend trois piques sans pousser, sortant seul de la seconde. Après avoir accroché, sans gravité, un des banderilleros, le toro arrive à la muleta noble, limite soso. Le torero enchaine des passes sur le voyage sans jamais se croiser, si ce n’est sur une série à gauche. La mise à mort est de celle qu’il ne faut pas montrer dans les Ecoles Taurines, sifflets pour le torero.
Le quatrième déborde Aguilar à la cape. Il prend trois piques en poussant. Au troisième tiers, il est tardo. La faena d’Aguilar ressemble à celle faite face au premier toro. Comme le toro manque de force et s’éteint très vite, on s’ennuie ferme sur les gradins. Le torero est à nouveau sifflé après une mise à mort laborieuse.

Le second est un « patas blancas ». Il prend quatre piques sans grand style. Il est très noble, ce dont profite Emilio de Justo. Après une bonne série de doblones genoux ployés, il enchaine deux séries de naturelles très sincères et templées. Suivront de bonnes séries de derechazos. Avant que le bicho ne se décompose. Belle série d’adorños avant un pinchazo très sincère et une très grande estocade entière fulminante qui lui permet de couper une première oreille très méritée.
Le cinquième, bon au capote, prend deux piques en poussant. Aux banderilles, Miguel Angel Odero salue. Bon début par doblones suivi de séries des deux mains sincères, élégantes et templées. Emilio de Justo, sous une pluie qui redouble, domine son adversaire et coupe une seconde oreille après une estocade légèrement tombée. Il confirme les espoirs placés en lui après ses succès d’Orthez, Mont de Marsan et Aignan.

Le troisième prend quatre piques sans grand style. Le toro est noble et un peu faible. Il vient bien sur les deux côtés. Ruben Pinar construit une faena très technique et dominatrice. Elle porte peu sur le public car très mécanique face à un bicho qui ne transmet pas beaucoup d’émotion. Il conclut d’un descabello après un pinchazo et une entière tombée verticale.
Le dernier très bien présenté prend quatre piques en venant de loin et en poussant (ovation au picador Agustin Moreno). Le début de faena de Ruben Pinar est très appliqué mais le toro s’éteint et se décompose très vite. Le torero abrège la faena et libère le public qui se précipite pour aller se réchauffer et regarder la finale du championnat de France de Rugby.

Le mayoral salue ce qui est surprenant compte tenu du côté très ordinaire du lot de toros présentés ce jour sur le sable vicois.

Fiche technique
Arènes de Vic, troisième corrida de la Féria 2017
6 toros de Palha bravitos, nobles, fades ou vite éteints pour

Alberto Aguilar : sifflets, sifflets
Emilio de Justo : une oreille, une oreille
Ruben Pinar : salut au tiers, silence

Vingt et une piques, cavalerie Bonijol
Salut de Miguel Angel Odero au cinquième
Salut non justifié du mayoral
Président : Philippe Lalanne
Deux tiers d’arènes
Météo automnale

Thierry Reboul


Voir le reportage photographique : Philippe Latour