Nîmes (05/06/2017 - tarde) : José Garrido gracie "Pañero" et sort a hombros par la Porte de Cuadrillas pour la clôture nîmoise...

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©ElTico
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La Feria de Pentecôte 2017, dont on ne peut pas écrire qu'elle fut riche en grands toros, s'est clôturée par l'indulto d'un exemplaire de Vegahermosa, baptisé "Pañero", colorado, portant le numéro 42, né en mars 2013 et d'un poids de 546 kgs.

Un indulto "à la nimoîse", un poil chahuté et emportant, politique locale oblige, quelques noms d'oiseaux à l'adresse de la Présidence du jour, qui répondait malgré tout favorablement à la demande d'une partie non négligeable du public... Et si l'on prend un peu de hauteur, on remarquera nécessairement que d'autres toros aux qualités moindres que celles de "Pañero" ont été graciés, ici ou ailleurs, pour être tombés entre des mains plus expertes, ou plus roublardes au choix, que celles du jeune Jose Garrido... Placez ce Vegahermosa aux soins d'un Enrique Ponce, d'un Juli ou d'un Juan Bautista et sa grace ne souffrira d'aucune discussion... Quoi qu'il en soit et je ne cherche à me faire l'avocat de personne, la corrida envoyée ce jour par Borja Domecq, à qui Garrido a brindé son dernier combat, a été de grande qualité et de loin ce lot a été le meilleur de la Feria. Reconnaissons à Curro Caro d'avoir prédit cette course triomphale le jour de sa présentation à la presse. Et sans maladresse récurrente aux aciers, on aurait pu, pour le moins, voir Paco Ureña accompagner son jeune compagnon de cartel sur les épaules...
La Feria de Pentecôte 2017 s'achève donc malgré tout sur une belle note. Dommage que l'entrée ne fut pas à la hauteur de l'intérêt du cartel... Les absents auront eu tort.

Laurent ElTico Deloye


La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Le premier toro de la tarde fut économisé lors de deux rencontres au lancier, suite à des signes de faiblesse entrevues lors du capoteo de réception de David Mora. A la muleta, la noblesse du Jandilla prit le pas sur le manque de force, permettant ainsi au madrilène de s'exprimer. Sans atteindre des sommets d'intensité, David Mora put servir une faena ambidextre à mi-hauteur régulière, culminant sur deux séries de naturelles très à gusto. Il logea une entière trasera après avoir pinché. Ovation avec salut.
Le quatrième est très mal piqué par deux fois, avant qu' Angel Otero ne quitte la montera suite à deux paires de banderilles posées avec brio. David Mora initia sa faena par une magnifique série de derechazos, corps relâché, main basse. Hélas après deux tandas du même calibre, le toro baissa clairement de ton. Malgré une belle volonté, les passages suivants furent beaucoup moins concluants, faute d'adversaire. Le Madrilène ira naturellement chercher les derniers moments dans un périmètre restreint, enchaînant trois redondos sans bouger. Oreille après une lame entière d'effet rapide. Une partie du public demanda la seconde oreille, logiquement refusée par la présidence.

Paco Ureña réceptionna joliment son premier toro par de soigneuses veroniques. Le Jandilla rentra fort dans le peto, cassant notamment le palo lors de la rencontre initiale. José Garrido partit au quite pour des calecerinas enlevées, rematant par une douce larga cordobesa. Entame de faena du torero de Murcia par quatre statuaires allurées, ternie par une conclusion où l'astado perdit les mains. Face au manque de conditions du Jandilla, Paco Ureña se retrouva dans l'impossibilité de vraiment pouvoir lier ses muletazos. A base de persévérance, il put bâtir une faena qui comporta quelques moments isolés de bonne facture, mais sans soulever les foules. Un final dans des terrains réduits, se faisant frôler la taleguilla, combiné à une tanda de face par naturelles fit cette fois monter la température de son combat. Il put promener une oreille après une épée un poil tombée mais efficace.
Le cinquième, dévolu à Paco Ureña, fut mal piqué par deux fois avant que Garrido ne prenne son capote pour tracer des chicuelinas de bon goût. Début de troisième tiers par doblones, suivis instantanément par trois derechazos très purs. Devant un Vegahermosa noble mais présentant son lot d'exigence, le natif de Lorca fut branché sur courant alternatif. Les premieres tandas sur la rive droite furent très bien dessinées, avec un corte artistique prononcé, le tout en musique. La suite sur la gauche fut plus heurtée, lors de trois séries inégales d'intensité et de valeur. Il sut heureusement finir sur une bonne note et relever sa prestation en imprimant une double série de derechazos très profonds, remplis de toreria. Echec aux aciers sur quatre assauts. Ovation avec salut.

José Garrido salua parfaitement le troisième de la tarde par de magnifiques veroniques templées. Le Jandilla se comportera en brave lors d'une première pique où il mit bien les reins, avant une seconde moins prononcé. Salut au tercio de banderilles d'Antonio Chacon après deux paires de catégorie. Après un brindis au conclave, le torero de Badajoz réalisa un début tonitruant par six derechazos limpides, plein centre, genoux en terre. Il n'en fallut pas plus pour déclencher la musique face à un toro intéressant à tribord. Il enchaîna par deux séries droitières bien exécutées avant de prendre la zurda pour un essai non transformé, le Jandilla ne s'y prêtant pas du tout. Le retour sur la diestra fut beaucoup moins convaincant, l'ensemble perdant en qualité et en fluidité au fil des séries. La fin de combat fut quant à elle variée, par molinettes à genoux et manoletinas ultra rapprochées avant de tuer maladroitement en trois temps. Ovation avec salut.
Le dernier toro de cette feria, marqué du fer de Vegahermosa, poussa sur un piton lors de sa première puya avant d'en recevoir une seconde plus minimaliste. Brindis au ganadero Borja Domecq. Garrido commença fort son trasteo par quatre statuaires immobiles, enchaînant par des passes du mépris et un pecho donnant ainsi le ton. Devant un exemplaire très noble, mobile et doté d'une belle alegria dans ses embestidas, l'espagnol ne se fit pas prier pour éditer une faena de haute volée. Sûr de son toreo et trouvant la bonne cadence dès les premiers instants, il embarqua ce collaborateur dans de parfaites séries ambidextres très harmonieuses, intenses et templées à souhait, récoltant des olés très appuyés. Alors que Garrido allait se profiler pour rentrer a matar, le président sortit un surprenant mouchoir orange synonyme d'indulto, déclenchant une forte et bruyante contestation d'une très grande partie des tribunes. Deux oreilles symboliques et indulto du toro.

 

Arènes de Nîmes (30)
Lundi 5 juin à 17h30
4 toros de Jandilla et 2 de Vegahermosa (5 et 6)
Poids: 521 , 530 , 526 , 523 , 536 , 546.
12 rencontres avec la cavalerie de Philippe Heyral
1/3 d'arène.
Beau temps avec un léger vent.
Durée : 2h30

David Mora : Ovation avec Salut / Oreille
Paco Ureña : Oreille après avis / Ovation avec salut
José Garrido : Ovation avec Salut / Deux oreilles symboliques

Le toro de Vegahermosa, de nom Pañero, portant le numéro 42, né en mars 2013, pesant 546 kilos sorti en 6ème position, a été gracié par José Garrido.

Alexandre Guglielmet

 


Voir le reportage photographique : ElTico