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Aire-sur-l'Adour (17/06/2017) : Maestro, ...

©Philippe Latour
©Philippe Latour
D’habitude quand Philippe m’appelle après une corrida c’est pour choisir une photo de garde, échanger, refaire la corrida en confrontant nos visions. Même si nous nous « chamaillons » parfois, il y a toujours un fond de plaisir, plaisir d’avoir pu vivre de l’intérieur ce qui est notre passion commune « la CORRIDA ».

Ce soir quand j’ai décroché, ces premiers mots furent « Fandiño est mort ». Nous avions quitté les arènes inquiets car les nouvelles venant de l’infirmerie aturine n’étaient pas des plus rassurantes mais de là à imaginer l’issue fatale. La mort du torero fait partie intégrante de toutes les formes de tauromachies. Mais les progrès de la médecine, le talent de ces faiseurs de miracle que sont les chirurgiens taurins nous font croire que ces héros que nous respectons et admirons, sont à l’abri des caprices de la Camarde.
Ce soir au lieu d’écrire une reseña, j’écris sur un drame. Même de mes proches, je n’ai jamais voulu garder l’image de leurs derniers instants. Je pense toujours à eux en me remettant en mémoire les moments de joie passés ensemble.
D’Ivan Fandiño, je garderai le souvenir d’une faena à Mont de Marsan lors d’un Mano à Mano avec Ponce. Ne voulant pas être en reste face à Enrique Ponce, il s’est mis à genoux au centre de la piste et à réaliser des derechazos de rodillas qui ont fait se lever le public et il est sorti à hombros avec le Maestro de Chivas. Ce pundonor caractérise l’HOMME qu’était le torero basque. Même après l’échec de son solo madrilène, il avait serré les poings et s’était battu comme un beau diable pour remonter la pente et retrouver sa place dans l’escalafon des toreros qui comptent. Aujourd’hui, il a perdu son dernier combat, mais il a gagné le droit d’intégrer le panthéon de ceux qui sont allés au bout de leur passion et de leur envie d’être un TORERO.
Ivan, vous resterez dans ma mémoire comme celui qui est allé se chercher avec courage et obstination cette Puerta Grande sur le sable du Plumaçon.

Tout le reste de ce qui s’est passé sur le sable aturin, ce samedi, n’a pas vraiment d’importance. Même s’il faut rendre hommage à la toreria de Juan del Alamo et l’application de Thomas Dufau.

Fiche technique :
Arènes d’Aire sur Adour, samedi 17 juin 2017
6 toros de Baltasar Iban pour :

Ivan Fandiño : une oreille
Thomas Dufau : un avis et salut au tiers, un avis et silence, un avis et silence
Juan del Alamo : vuelta très chaleureuse, une oreille

13 piques, cavalerie Bonijol
Ivan Fandiño a reçu une cornada mortelle en faisant un quite au premier toro de Juan del Alamo
Président : Eric Encinas
Moins d’une demi-arène
Ciel et soleil trop beaux pour voir mourir un torero

 

Thierry Reboul

 

L'hommage photographique de Philippe Latour à Ivan Fandiño : ICI