• 1

Les Saintes-Maries-de-la-Mer (05/08/2017) : Sébastien Castella a hombros...

©ElTico
©ElTico
En plein coeur du tourbillon taurin estival, la corrida flamenca des Saintes-Maries-de-la-Mer tient une place particulière. Les spectateurs y sont gentils et ne pensent qu'à prendre du plaisir, certainement pour oublier le temps de quelques accords de "Dame la Mano" sur les rives de la Grande Bleue, un peu de leurs tracas quotidiens.

Les toreros se prêtent facilement au jeu, si l'on en juge par l'implication de Sébastien Castella tout au long de la tarde et l'arrimón que s'est offert José Garrido face au dernier, finalement récompensé d'une oreille après avoir connu des difficultés aux aciers lors de ses trois combats. Mais les toros d'Antonio Bañuelos, gentiment présentés pour l'occasion, ont manqué de force. Ce qui a un peu gâché la fête...
Au final, seules deux oreilles dans l'escarcelle de Castella mais de belles choses montrées quand il en a eu l'occasion et une dans celle de Garrido, qui auraient pu être trois s'il avait été plus adroit à l'épée...

Laurent ElTico Deloye

 

La chronique d'Alexandre Guglielmet :

En ce samedi 5 août, l'empresa saintoise organisait une corrida flamenca avec un mano a mano de luxe entre Sébastien Castella et José Garrido. Pour arbitrer ce prestigieux duel, ce sont les toros venus du "froid" d'Antonio Bañuelos qui ont été retenus.

Le premier toro de Sébastien Castella serra très près sur les premiers capotazos, obligeant le bitterois à le lidier intelligemment par fuera. Au tercio de varas, le bravito Bañuelos rencontra à une seule reprise le cheval pour cause de manque de force. Dès l'entame de faena, pieds joints, le bicho confirma ce paramètre en perdant les mains sur le deuxième muletazo. Devant cet animal tardo, aux charges limitées et aux coups de tête violents, Sébastien développa une technique parfaite et une volonté affichée. Alors qu'en début de faena cela semblait peine perdue, il parvint à améliorer les charges du cornu, construisant une faena intéressante qui alla a mas. Il remata l'ensemble par une série dans un périmètre restreint, connectant ainsi un peu plus avec le public. Après une entière sin puntilla, il put logiquement promener la première oreille de la tarde.
Castella salua de belle manière le troisième du lot par des veroniques léchées, jusqu'au centre de piste. Il fit économiser son adversaire sur un seul contact face au lancier, avant de tracer de douces chicuelinas dans un capote de velours. Lors des premiers échanges de muleta, un manque de force certain se fit sentir chez le Bañuelos. Sans jamais baisser le voile et laissant bien se reprendre l'astado entre chaque série, Sébastien put s'exprimer sur deux tandas droitières faisant preuve de temple, toreant a camera lenta. Hélas plus les minutes s'égrainaient, plus le toro baissait de ton, se décomposant à la vitesse grand V. Devant ce fait, le français réduisit les distances, allant chercher des derniers passages enlevés sur la courte distance. A la suerte suprême, il logea une estocade un poil basse d'effet immédiat, délivrant un trophée dans l'escarcelle du bitterois. Oreille.
Le cinquième ne se montra guère collaborateur dans les plis du capote de Castella. Face au piquero, il recevra comme ses frères une unique puya. Jeremy Banti réalisera un quite par veroniques, ponctué par une media très soignée. Castella débutera le troisième tercio par des doblones très allurés laissant présager une suite radieuse. Après des séries initiales plaisantes, le Bañuelos montra vite ses limites. Castella en tira le maximum mais sans pouvoir faire monter l'ensemble. Mort en deux temps. Ovation avec Salut.

José Garrido se distingua lors de la réception du second de l'après-midi par un capoteo de toute beauté, servant des veroniques magnifiquement templées. L'astado fut bien piqué sur une monopique avant que le torero de Badajoz ne brinde aux étagères. Devant ce Bañuelos sans classe et ne proposant que des demies charges, le diestro espagnol se montra très appliqué et réussit au fil des séries à faire prendre de l'ampleur à son trasteo. Les ultimes tandas sur les deux rives, furent dessinées toute en esthétisme et en rondeur, faisant réagir les tendidos. Une épée tombée après un pinchazo lui ôta tout espoir de récompense. Ovation avec Salut.
Garrido afficha de l'envie en réceptionnant le quatrième par une larga de rodillas avant que ce dernier ne mette le frein à main sur les capotazos suivants. Au tercio de piques, le Bañuelos reçut une seule ration de fer. Après un brindis de l'espagnol à son compañero français, Garrido débuta tambours battants par des passes par le haut, main gauche posée sur les planches. Face à un adversaire collaborateur sur chaque bord, l'espagnol livra une prestation très plaisante, supérieure sur la rive droite. Sous les airs flamenco, il servit un ensemble de qualité, liant des séries harmonieuses, d'une belle intensité, impactant ainsi avec un public conquis. En fin de faena, alors que l'astado commençait à rendre les armes, Garrido imprima près des planches les ultimes échanges par les "traditionnels" redondos. Sur la première entrée a matar, il se prit un vilain plat de corne au niveau de la mâchoire, sans fâcheuses conséquences. S'en suivra un pinchazo et une entière concluante d'effet rapide. Cette mort en trois temps lui coûta à coup sûr un pavillon. Vuelta.
Le dernier de la tarde, bien plus fort que ses frères, fut magnifiquement accueilli par des veroniques pieds joints très allurées, conclues par une larga plein centre. Garrido gratifia le public par un quite de chicuelinas très inspiré après avoir vu le bicho prendre un picotazo. Entame de faena tonitruant, conduisant son toro au centre par des muletazos les deux genoux en terre. Prenant de suite la zurda, il se fit avertir sur la seconde passe, écourtant ainsi sa série. Le passage sur la corne opposée se révèla meilleur mais sans être très enthousiasmant, faute d'adversaire. Face au manque d'option que proposait son toro, Garrido débordant de volonté, clôtura son trasteo par des séries très engagées dans des terrains intimistes le long des planches, relevant ainsi l'intérêt de son combat. Mort en trois envois. Oreille(tte).


Arènes des Saintes Maries de la Mer (13)
Samedi 5 août 2017 à 18h
6 toros d'Antonio Bañuelos
Poids: 460 , 410 , 410 , 460 , 430 , 560.
2/3 d'arènes
6 rencontres avec la cavalerie de Philippe Heyral
Temps caniculaire avant quelques gouttes venant de la mer à partir du cinquième.
Durée : 2h20

Sébastien Castella : Oreille / Oreille / Ovation avec Salut.
José Garrido : Ovation avec Salut / Vuelta / Oreille

Sébastien Castella sortit à hombros par la grande porte de la plaza.
Jeremy Banti officiait en tant que sobresaliente.
La musique était assurée par le groupe flamenco "Dame la Mano".

Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : ElTico