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Parentis (06/08/2017 - matinale) : Journée Prieto de la Cal, acte un...

©Philippe Latour
©Philippe Latour
Pour la deuxième manche du Certamen de Parentis se sont qualifiés Hector Guttierez et José Luis Vega. Pour les départager ont été mis en chiqueros, quatre erales de la ganaderia de Prieto de la Cal. Très bien présentés, tous auraient pu sortir en piquée, les Veraguas ont eu des comportements très variés allant du soso au compliqué.

Les deux jeunes toreros ont beaucoup appris ce matin face à des novillos très différents de ce qu’ils ont l’habitude de toréer. On sent qu’il y a chez eux une sorte de syndrome Prieto dont ils ont du mal à s’affranchir. Dommage car il y avait matière pour au moins deux des erales à couper des oreilles.

Le premier, âgé de deux ans et deux mois, a déjà un gabarit d’utrero. Au capote, il humilie bien à droite. Cela permet à chacun des deux novilleros de réaliser un quite par tafalleras pour Vega et chicuelinas pour Guttierez. A la muleta, le Prieto est noble et offre des possibilités. Hector Guttierez toréé sur la réserve. On le sent moins à l’aise qu’à Arzacq, alors que le novillo demande du mando mais qu’il est noble et offre des possibilités. Le mexicain habitué à allonger la charge des toros sans toujours se croiser a toréé, ce jour, sur une distance courte, gardant le toro près de lui. Le novillo, pas assez dominé, est difficile à fixer à la mort. Hector pinche deux fois avant de placer une entière contraire et en avant.

Le second, très bien présenté, complètement dans le type de l’encaste, vient très fort dans la cape de Vega et semble peu clair à gauche. Le novillero  le double avec autorité et efficacité. Comme au premier tiers, l’eral vient avec de l’agressivité et de la puissance en partant de loin. En début de faena, Jose Luis le fait aller à mas. Le Prieto finit par prendre le dessus sur un novillero très courageux mais manquant de métier. Vega a du mal à lier les passes et se fait accrocher la muleta. Le toro continue à s’améliorer et le torero réussit une bonne série sur cette corne gauche qui semblait compliquée au sortir du toril et qui est devenue le meilleur piton. Après une entière en place, Vega a du mal à descabeller et se contente de saluer alors que l’arrastre est très applaudie.

Le troisième sort avec l’extrémité d’une corne cassée en tapant dans les chiqueros. Il est renvoyé au toril. Sort en sobrero, un eral d’Alma Serena, très haut et plutôt maigre dont la morphologie contraste avec les Veraguas de Prieto de la Cal. Le novillo des frères Bats manque de race et de transmission. Guttierez réduit les terrains pour donner de l’émotion à son trasteo, mais le toro décomposé ne permet pas grand-chose. Le mexicain abrège d’une entière dans le terrain des planches et de deux descabellos.

Le quatrième est applaudi à sa sortie en piste. Il est accueilli de rodillas par Jose Luis Vega. Le bicho est compliqué à gauche et au contraire du second, il ne va pas s’améliorer sur cette corne et même se dégrader fortement sur l’autre. Il est compliqué, manque de race et même dangereux. Vega qui veut se montrer, s’accroche comme un mort de faim, prend des risques et se fait spectaculairement accrocher à deux reprises. Blessé au poignet, probable fracture du scaphoïde, il a du mal à tuer. Il est invité à saluer pour récompenser son courage et son envie de bien faire.

L’équipe de l’ADA décide d’offrir le toro refusé au sobresaliente Daniel de la Fuente, un des éliminés de la tienta qualificative. Ce geste, qui a un vrai coût pour les organisateurs, les honore. Et le sourire du jeune novillero dès qu’il a été mis au courant et pendant toute son actuacion face au Prieto est la plus belle des récompenses pour cette belle initiative. Dommage que les cuadrillas espagnoles n’aient pas eu le même altruisme ou plutôt la même aficion que l’équipe de Parentis. Capotes de paseo sous le bras, ils ont laissé le jeune torero seul en piste. Heureusement que Hector Guttierez s’est improvisé peon et que sous la pression du public, un puntillero a daigné faire son office. Ce comportement a valu deux solides broncas aux cuadrillas quand elles ont quitté le ruedo. Ce toro de regalo s’est avéré noble et a permis à De la Fuente d’enchainer avec plus d’application que d’art de très bons muletazos sur les deux côtés. A cours d’officio, le novillero a un peu de mal à tuer, mais qu’importe. L’enthousiasme et le sourire du novillero qui vient de recevoir le cadeau de Noël dont il a toujours rêvé sont les meilleurs souvenirs de cette matinale parentissoise.

 

Fiche technique
Arènes de Parentis, novillada non piquée de la San Bertomiu 2017
Trois erales de Prieto de la Cal, très bien présentés et aux comportements variés et un sobrero (3 bis) d’Alma Serena de peu d’option pour :

Hector Guttierez : silence, un avis et silence
Jose Luis Vega : un avis et salut, salut avec une forte ovation
Le troisième Prieto de la Cal, extrémité de la corne cassée, et renvoyé au toril a été toréé et estoqué à l’issue de la course par le sobresaliente Manuel de la Fuente : salut avec une forte ovation

José Luis Vega a été évacué vers un hôpital pour passer une radio de l’avant bras et de la main
Un quart d’arène
Grand soleil et forte chaleur

Thierry Reboul


Voir le reportage photographique : Philippe Latour