Parentis (06/08/2017 - tarde) : des Prieto de la Cal de media casta...

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©Philippe Latour
©Philippe Latour
La San Bertomiu 2017 s’est terminée ce dimanche après-midi par une novillada de Prieto de la Cal. La présentation des utreros pour ne pas dire toros tant leur trapio imposant, avait fait naître pas mal d’espoirs depuis leur arrivée dans les corrales de Parentis. Espoirs qui permettaient d’occulter la crainte de voir sortir un lot aussi faible que celui récemment combattu à Vauvert.

Les bichos se sont certes mieux comportés que ceux de la placita gardoise, mais il s’agissait de toros de media casta. Impressionnants par leur physique et leur musculature, ils sont allés au cheval sans grande bravoure. A la muleta, ils ont manqué de fond, certains se sont éteints assez rapidement. Les autres ne se livraient que par demi charge, n’humiliaient pas et envoyaient un coup de tête violent à la sortie des passes. Certaines armures ont volé en éclats suite à des chocs avant d’entrer en piste (annoncé au micro) ou lors de chocs contre les planches. La palme revient au quatrième dont les pointes des deux pitones ont explosé. L’homogénéité et la répétabilité des problèmes de comportement, alors que le lot provenait de quatre sementales différents, amènera certainement, Tomas, le ganadero à se poser des questions.
Pas grand-chose de positif du côté de piqueros spécialisés dans la pique trasera.
Des trois toreros, c’est le français Tibo Garcia qui a eu la tauromachie la plus sincère. Dommage que le sorteo (pour le troisième) ou le manque de caste (pour le sixième) et un manque de poder, surtout au dernier, ne lui aient pas permis de plus s’exprimer. Mario Palacios et Guillermo Valencia ont plus toréé le public que les novillos qu’ils avaient en face d’eux.

Le premier, sort avec les deux cornes escobillées. Il se freine quand Palacios le cite avec la cape. Il est mal piqué mais sort seul des deux rencontres. A la muleta, il est noble, sans aspérités. Le novillero en profite pour le toréer sur le voyage avec élégance, certes, mais sans se croiser. Une bonne série à gauche au milieu d’autres moins intéressantes mais qui accrochent le public. Sans être dominé, le novillo va à menos et se réfugie près des planches. Le torero de Caceres le tue d’une entière trasera efficace qui fait tomber une oreille suite à une pétition pas forcément majoritaire. On s’apercevra à l’issue de la course que ce sera le seul trophée de la Féria.

Le second, lui aussi très bien présenté, prend trois piques, mal placées, sans pousser et en sortant seul. Guillermo Valencia est, depuis sa grande faena à un Los Maños, le chouchou des arènes de Parentis. Il a tendance à jouer plus cette corde affective qu’à toréer avec la sincère maladresse de ses débuts. Son novillo manque de fond. A la cape, il vient de loin, avec force mais quitte le combat dès la sortie de la passe. A la muleta, il manque de noblesse et surtout de charge. Ces défauts sont accentués par un torero qui casse la charge en retirant brusquement sa muleta et ne lie pas les passes. La faena va à menos et le colombien fait une vuelta après une entière tombée.

Le troisième ne baisse pas la tête à la cape. Il prend deux picotazos. Tibo Garcia le double en début de faena. Le Prieto n’humilie pas et envoie des coups de tête, infligeant lors d’une faena, pourtant courte, quatre puntazos à la main droite du torero. Le toro s’éteint et le français abrège une faena qui n’a plus beaucoup d’intérêt. Après un pinchazo et une vilaine épée très en avant, il doit recourir au descabello pour tuer un opposant qui n’a quasiment plus de charge.

Le quatrième est un toro costaud, le premier negro de capa du lot. Il remate fort dans les burladeros et a rapidement les pointes des deux cornes éclatées. A la première rencontre avec le cheval, il part d’assez loin et pousse malgré un puyazo trasera. Placé plus près, il ne pousse par lors de la deuxième pique. Le novillo est faible. Il a une charge courte. Très rapidement, le novillero s’attache à toréer le public sans se croiser. La faena manque d’intérêt. Le torero est copieusement sifflé quand il s’y reprend à plusieurs reprises avec le descabello suite à un pinchazo et un quart de lame inefficace.

Le cinquième est accueilli par une larga de rodillas et des véroniques accrochées. Le novillero est désarmé à l’issue de cette première intervention. Le Prieto prend trois piques sans vraies mises en suerte et sans pousser. Après avoir doublé, le colombien lie une bonne série de derechazos. La faena va très vite à menos, le torero usant du pico et toréant de manière superficielle. Il se décale avant d’entrer à matar et tue d’une entière en avant. Il salue, une tentative de vuelta est avortée suite à la réaction d’une partie du public.

Le dernier est un toro noir, plus haut que les cinq autres. A la pique, il charge avec violence pour se défendre sous le fer ou reculer dès le contact et sortir seule. Le Prieto se retourne vite quand Tibo Garcia le double. Après une très bonne série en début de faena, le provençal a du mal peser sur un animal qui se défend plus qu’il ne charge. Malgré quelques muletazos intéressants à gauche, la faena va à menos et est conclue avec difficulté par deux pinchazos, une entière et un descabello.

Pour ce qui est de la banda, mieux élevée et moins perturbatrice que l’an passé, il lui reste encore du chemin à faire pour avoir un comportement « adapté ». Voir une petite dizaine d’individus, tournant le dos à la piste, discutant et surtout buvant pendant les faenas et ne se retournant que pour jouer après l’arrastre reste désagréable, voire choquant, quand un torero risque sa vie en piste.

 

Fiche technique
Arènes de Parentis, dernière novillada de la San Bertomiu 2017
6 utreros de Prieto de la Cal, très bien présentés, avec des armures parfois abimées, au comportement de toros de media-casta pour :

Mario Palacios : une oreille, un avis et sifflets
Guillermo Valencia : vuelta, salut
Tibo Garcia : silence, silence

Quinze piques, cavalerie Bonijol
7/10èmes d’’arène composé d’un public très hétérogène
Grand soleil
Le midi, l’ADA a décerné les prix de son concours de photographies remporté par Eric Erb, devant Philippe Latour et Nicolas Couffignal

Thierry Reboul


Voir le reportage photographique : Philippe Latour