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Béziers (12/08/2017) : Sebastian Castella ouvre la première Puerta Grande de la Féria 2017...

©ElTico
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Après le forfait de Jose Maria Manzanares, cette corrida d'ouverture de la Feria 2017 dans les arènes du Plateau de Valras s'était transformée en mano a mano entre deux français, l'amazone Léa Vicens et l'enfant du Pays Sebastian Castella. Et à l'heure du paseo, c'est un confortable parterre d'aficionados qui accueillait nos deux représentants et rendait un vibrant hommage aux personalités du monde taurin décédées récemment, dont Ivan Fandiño ; Philippe Cuillé et Michel Vidal, le père du matador de toros Cayetano Ortiz.


A l'issue de deux heures trente d'une corrida tout de même entretenue, Sebastian Castella ouvrait une nouvelle fois la Puerta Grande des arènes de sa ville, après avoir coupé trois oreilles à des Nuñez Del Cuvillo présentant pour la plupart une belle noblesse et des qualités dans leurs embestidas, malheureusement limitées par leur manque de force et de race.
Lea Vicens n'a pas démérité loin s'en faut, reçue tièdement à l'issue de son premier combat, elle a obtenu un trophée de son second au terme d'une prestation classique, très précise, un peu ternie par une mort en deux temps.

Laurent ElTico Deloye


La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Léa Vicens hérita d'un premier toro de Bohorquez qui lui permit de s'exprimer. Face à cet animal intéressant mais baissant clairement de ton en fin de combat, elle réalisa une prestation classique de bon goût, alliant sens du temple et précision, notamment sur Greco lors de poses de roses. Très timide pétition d'oreille après une lame entière non concluante, suivie d'un coup de verdugo. Vuelta.
Le second de Léa Vicens est un très bon collaborateur. Montant Gacela, elle ne se fit pas prier pour se mettre le public en poche, posant avec brio les palos par quiebro. Faisant admirer son aisance, elle continua sur la même lancée, que ce soit sur Deseado ou sur Betico, où elle s'illustra par une pose al violin millimétrée. Mort en deux temps. Oreille.


Sébastien Castella salua majestueusement son premier toro par de très douces veroniques. Le Cuvillo ne semblant pas déborder de force, il sera logiquement économisé sur deux picotazos. Après ce rapide tercio, le bitterois cloua ses pieds en milieu de piste et gratifia le public d'un quite par tafalleras entremêlé de cordobinas de toute beauté. Entame de dernier tiers très décidée de Castella par neuf muletazos plein centre, les deux genoux en terre, connectant ainsi un peu plus avec son public. Face à cet animal noble mais un tantinet faiblard, le français, toreant à mi hauteur en extirpa le meilleur. Il servit, dans une muleta délicate et précise, une faena ambidextre très bien construite, faite de séries plaisantes et harmonieuses. Il paracheva cette prestation très a gusto par une entière sin puntilla, libérant logiquement un pavillon du palco présidentiel. Oreille avec pétition de la seconde.
Le troisième de la tarde est réceptionné par un capoteo soigné avant que Castella ne le conduise vers le lancier pour deux petites rations de fer. Le bitterois invita Jeremy Banti, sobresaliente du jour, à exécuter un quite. Ce que l'Arlésien fit de belle manière, dessinant trois chicuelinas, compas ouvert, ponctuées par une revolera. A la muleta, le Cuvillo se révèla sans classe et manquant de solidité des antérieurs. Face à ces paramètres, Castella put imprimer quelques muletazos isolés de belle facture mais sans jamais parvenir à faire monter en intensité son labeur. Entière d'effet rapide. Silence.
Le cinquième de la tarde ne montra rien d'intéressant lors du premier tiers, que ça soit dans le capote de Castella ou contre la cavalerie, lors de deux piques anodines. Quite du français par chicuelinas. Début de faena de haut vol par un enchaînement de passes par le haut sans bouger d'un centimètre. Devant cet astado dénué de piquant et de moteur, Castella traça quelques naturelles d'école, a camara lenta, parfaitement templées, mais trop peu liées pour faire prendre de l'ampleur à son trasteo. Il parviendra à inverser la tendance sur les derniers muletazos donnés dans des terrains réduits, se faisant frôler la taleguilla sur chaque échange avant d'estoquer au second assaut. Oreille.
L'ultime se montra violent dans le capoteo de réception et comme ses frères, il sera très peu piqué par deux fois. Brindis au public. Au troisième tercio, le Cuvillo confirma cette violence en jouant des pitons dans le voile du bitterois, ajoutant à cela une absence de classe dans ses embestidas. Castella se montra au dessus des conditions de son bicho et alla chercher une autre oreille après un travail méritoire sur les deux cornes qu'il remata sur la courte distance. Il tua d'une lame entière de résultat lent. Oreille.


Arènes de Béziers (34)
Samedi 12 août 2017 à 18h.
2 toros de Fermin Bohorquez (1 et 4) et 4 toros de Nuñez Del Cuvillo
Poids : 520 , 515 , 495 , 510 , 490 , 498
Léger 3/4 de plaza.
Durée : 2h30
Temps estival avec un léger vent pouvant parfois gêner.


Léa Vicens: Vuelta / Oreille
Sébastien Castella: Oreille / Silence / Oreille / Oreille après avis


Castella sortit à hombros de la plaza du plateau de Valras


Sobresaliente: Jeremy Banti


Suite à une importante intervention chirurgicale, José Maria Manzanares déclara forfait pour cette corrida d'ouverture.
Sébastien Castella affronta seul les quatre toros de Nuñez Del Cuvillo


Une minute d'applaudissements fut observée en mémoire d'Ivan Fandiño.


Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : ElTico