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Dax (13/08/2017 - matinale) : une oreille pour Juan Bautista...

©Philippe Latour
©Philippe Latour
Les jours se suivent et se ressemblent presque entre le Parc Théodore Denis et les bords de l’Adour. Mieux présentés que les Domingo Hernandez, les Montalvo ont manqué de race et de fond. A l’exception du cinquième, un peu plus accorte, les autres se sont rapidement éteints. Heureusement la competencia entre Juan Bautista et Sébastien Castella a donné du relief à une matinée qui a été globalement ennuyeuse. Curro Diaz n’est pas encore remis de sa blessure et n’a pas su prendre le dessus sur ses deux opposants.

Le premier Montalvo humilie sur les deux cornes au capote. Mal mis en suerte, il prend deux picotazos sans pousser. La cuadrilla de Diaz n’est pas à la hauteur et multiplie les capotazos pour placer le toro et poser à la volée les quatre banderilles réglementaires. A la muleta, le toro est tardo et faible. Il met du temps à répondre au toque et s’arrête au quart de la charge. Le toro va menos tout comme la faena de Curro Diaz. Silence pour le torero et le toro après un pinchazo et une entière très tombée.

Juan Bautista est dans une bonne période taurine, porté par un public acquis à sa cause. Le second est un grand maigre. Bien reçu à la cape, il prend une pique et un picotazo en se défendant. Après un bon quite de Castella, César Fernandez banderille de façon supérieure et doit répondre en saluant à l’ovation du public. Jean Baptiste amène le toro au centre en trois passes. A droite, il profite de la charge mollassonne du Montalvo pour enchaîner des séries alternant passes classiques et adorños. Malheureusement le toro manque de race et de fond. La seule émotion est transmise par la relation presque fusionnelle entre le public et le torero. Le bicho est tardo et éteint, Jean Baptiste tente quand même une estocade à recibir qui résulte très basse. Il salue au tiers.

Le troisième est moyennement armé et se réserve dès sa sortie en piste. Lui aussi mal mis en suerte, il prend une pique trasera et un picotazo. A la muleta, il construit une faena dans un style qui n’est pas le sien. Il met le toro au centre et enchaîne des muletazos, citant de loin et mettant la jambe sur la sortie du toro. Dommage que le toro n’avance que contraint, car certaines séries sont de bonne facture. Sur l’une d’entre elles, il prend un puntazo à la main. Après avoir mal tué d’un quasi entier bas, il part se faire soigner à l’infirmerie.

Le quatrième est un joli colorado, bien armé. La cuadrilla de Curro Diaz n’est vraiment pas à la hauteur. Le toro est laissé libre d’agir à sa guise au premier tiers et prend une première pique du picador de réserve puis une de celui de turno. toutes les deux traseras. Sur le pico et profilé Curro Diaz finit par abréger une faena face à un toro qui s’est très vite éteint. Il tue mal et regagne le callejon dans un silence juste perturbé par le bruit des manèges installés devant les arènes.

Le cinquième est le plus lourd et le mieux présenté du lot. Bien mis en suerte, il est mal piqué. Les deux toreros français se livrent une joute amicale dans un duel de quite qui soulève l’enthousiasme du public. Juan Bautista prend les banderilles. On retiendra de ce tercio la seconde paire al quiebro. A la muleta, il amène le toro au centre. Le début de faena est décontracté alternant de bonnes séries à droite et à gauche dont une en baissant bien la main. Le Montalvo va à menos, Bautista doit réduire les terrains pour animer la fin de son actuacion. L’arlésien coupe une oreille après un tiers de lame au recibir et deux descabellos.

Sébastien Castella accueille son second toro avec l’envie de relever le défi lancé par son compatriote. Le bicho prend deux piques sans conviction. Faible, il est soso à la muleta. Très rapidement, le toro s'éteint et la faena commencée par des cambiadas, va à menos. Castella doit abréger et, déçu, conclut par une quasi entière très basse.


Fiche technique
Dax, deuxième corrida de la Féria 2017
6 toros de Montalvo, correctement présentés et manquant de fond pour :

Curro Diaz : silence, silence
Juan Bautista : salut au tiers, une oreille
Sébastien Castella : silence, silence

Salut de César Fernandez Balen au second
Président : Jean Charles Bouet
Douze piques et picotazos, cavalerie Bonijol
Quasi lleno
Météo estivale

Thierry Reboul


Voir le reportage photographique : Philippe Latour