Dax (13/08/2017 - tarde) : ciel bleu et grisaille en piste...

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©Philippe Latour
©Philippe Latour
La langue française n’a pas assez de mots pour nous offrir suffisamment de synonymes des mots « rien » et « déprimant » pour décrire la course que nous avons subie à Dax, ce dimanche après-midi.


Les toreros ont des circonstances atténuantes. Il est difficile de construire une maison avec des briques dont la fabrication a été ratée. Difficile de faire quelque chose des six mansos décastés, deslucidos et parados qui ont foulé le sol des arènes de la Cité Thermale. Le moral des aficionados présents était, à la fin, aussi gris que la robe des toros.

Le premier, andarin, prend deux piques traseras sans pousser. Après un tercio de banderilles brillant, Manuel Escribano se retrouve face à un toro éteint dès qu’il veut faire une passe de muleta. Il le cite et l’Adolfo reste de marbre ou se déplace au ralenti. Au bout de trois séries, le sévillan prend l’épée pour une quasi entière très habile. Silence pour le torero et quelques sifflets à l’arrastre.

Le second cherche à fuir le ruedo dès qu’il rentre en piste. Il prend deux piques sans pousser. Paco Ureña doit tirer une à une, les passes à un animal parado et soso quand il se déplace. Après cinq séries de trois passes, le torero s’en voit pour tuer un toro aussi coopératif qu’un carreton. Les deux protagonistes sont sifflés.

Le troisième est bien reçu à la cape par David Martin. Mal piqué, il accroche spectaculairement un peon aux banderilles. Le toro est noble et soso. Il offre quelques possibilités que David Martin en manque d’officio ne parvient pas à exploiter. A la quatrième série, le toro est parado et le torero abrège d’une entière tombée. L’arrastre est sifflée.

Le quatrième est faible et économisé aux piques. Après trois poses quelconques, Manuel Escribano pose une excellente paire de banderilles dans le terrain des planches. Le toro fait illusion deux séries puis, comme les autres s’éteint. Dépité Escribano écourte la faena et tue d’une entière en arrière. L’arrastre de ce toro est à nouveau sifflée.

Le cinquième est un negro complètement hors du type. Faible, il est protesté par une partie du public et économisé à la pique. Soso, andarin et vite parado, l’Adolfo ne permet aucune faena. Paco Ureña, très déçu, après avoir essayé en ouvrant le compas de tirer quelque chose du toro, doit abréger la faena. L’arrastre est à nouveau sifflée.

Le sixième est lui dans le type de l’encaste. Très mal piqué, il est comme ses congénères totalement décasté et très vite éteint. Trois séries après le début de la faena, David Martin va chercher l’épée de muerte et tue d’une entière tombée rapide d’effet.


Fiche technique
Arènes de Dax, troisième corrida de la Féria
6 toros d’Adolfo Martin, décastés, deslucidos, très vite parados pour :

Manuel Escribano : silence, silence
Paco Ureña : un avis et sifflets, silence
David Martin Escudero : silence, silence

Tous les toros ont été sifflés, à des degrés divers, à l’arrastre.
Douze piques et picotazos, cavalerie Bonijol
Président : Yves Charpiat
9/10èmes d’arène
Ciel bleu et chaleur estivale

Thierry Reboul


Voir le reportage photographique : Philippe Latour