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Béziers (13/08/2017 - tarde) : Un grand Roca Rey coupe les deux oreilles d'un Garcia Jimenez de vuelta al ruedo...

©ElTico
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Il n'y a pas à dire : la corrida avec des toros, c'est mieux... La tarde avait malheureusement commencé sous les mêmes auspices qu'hier, les Garcia Jimenez mieux présentés que les Nuñez Del Cuvillo, légèrement plus encastés également mais manquant toujours de force, réduisant de leur manque de transmission les efforts d'un Ponce une nouvelle fois miraculeux infirmier auquel il fut refusé injustement une oreille du premier, d'un Talavante dominateur sans étincelle lors de son premier combat et d'un Roca Rey académique au troisième, sans pour autant réellement soulever l'enthousiasme dans les arènes du Plateau de Valras.

On s'acheminait alors vers un résultat en demi-teinte, un peu à l'image de celui de la corrida d'ouverture, lorsque sortit du toril "Escondido", porteur du n°113, né en avril 2013, colorado chorreado en verdugo, d'un poids de 525 kgs. Difficile, à l'aune du début de la corrida, de savoir si ce toro méritait ou non cette vuelta al ruedo qui lui sera finalement accordée après que Roca Rey lui ait coupé les deux oreilles. Ou si par simple comparaison avec ses frères de camada, il nous était apparu si bon... Mais en tous cas, à l'instar des erales de Margé de ce matin, il transmettait beaucoup d'émotion et a permis à ce torero péruvien qui a tant de mal à confirmer cette année tous les espoirs que la tauromachie mondiale a placé en lui lors de la dernière temporada, de reprendre un peu plus suûrement cette trajectoire qui doit l'amener vers les sommets de la hiérarchie mondiale... On en a besoin...
Des toros et des toreros... Finalement, c'est si simple, la corrida.

Laurent ElTico Deloye

 

La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Le premier dévolu à Enrique Ponce est applaudi à sa sortie pour sa présentation. Après avoir été reçu par de douces veroniques, le Garcia Jimenez sera conduit au cheval pour une double rencontre où il mit les reins mais sans jamais pousser. Sur le troisième muletazo, le toro perdit les mains, laissant constater un manque de force certain qu'il conservera tout au long de la lidia. Alors que tout semblait joué d'avance, Ponce joua les infirmiers et grâce à une technique sans faille, il parvint à construire une faena qui prit de l'intérêt au fil des minutes. Sans atteindre des sommets d'intensité, il réussit à extraire de sa muleta des passages ambidextres plein d'élégance et de toreria. Entière d'effet long, déclenchant une pétition d'oreille non accordée (injustement pour ma part) par la présidence. Ovation avec Salut.
Ponce soigna la réception de son second opposant par un capoteo fleuri et harmonieux. Face à la cavalerie, le Garcia Jimenez se montra bravito sur deux piques. Après avoir dédié son combat au public, l'espagnol régala sans attendre les tendidos par une entame de faena par doblones dont lui seul a le secret. Hélas après cette mise en bouche très prometteuse, l'astado ne se révèla pas être le collaborateur souhaité. Sur une rive droite supérieure, Ponce put tout de même dessiner de majestueux derechazos avec l'élégance qu'on lui connaît, mais le manque de liant empêcha la faena de décoller. Sur la corne opposée et après plusieurs tentatives, le diestro n'arriva pas à corriger les défauts d' un toro jouant des pitons lors des échanges. Il écouta une ovation après une mort en quatre temps.

Alejandro Talavante salua discrètement son premier toro avant de l'amener au piquero pour deux rations minimalistes. A l'issue de ce tercio, Roca Rey se mit en évidence lors d'un quite par chicuelinas, conclu par revolera. Entame pleine d'envie de Talavante par une arrucina au centre du ruedo. Face à un animal maniable, l'espagnol livra une faena plaisante et usa intelligement d'artifices comme manoletinas, passes dans le dos , molinettes pour conquérir le public. Il tua d'un coup de verdugo après une lame non concluante. Oreille.
Le cinquième prendra ses deux piques réglementaires en chargeant chaque fois le cheval par devant. A la muleta, c est un toro sans saveur et manquant de force que le torero de Badajoz dut affronter. Face à ces paramètres, Talavante se retrouva sans option de briller après quelques échanges sans grande transmission. Épée en main, il ne s'engagea guère sur cinq pinchazos, déclenchant ainsi quelques sifflets des tribunes. Un unique coup de verdugo mit fin au combat. Silence.


Andres Roca Rey lidia par fuera un Garcia Jimenez qui ne s'employa guère dans le capote de salida du péruvien. Au tercio de varas, l'astado s'endormit contre le groupe équestre sur deux contacts, sortant seul du peto lors de la rencontre finale. Brindis au public. Dès les premiers échanges de muleta, nous comprenons rapidement que le bicho ne posséde qu'une demie charge. Comprenant très bien les besoins de ce toro, Andrés trouva rapidement le bon sitio et la bonne cadence à adopter. Sous les airs musicaux, il parvint à tirer le meilleur profit de son adversaire, délivrant notamment de longues séries de naturelles bien templées. Maîtrisant totalement son sujet, le protégé de Campuzano finira de se mettre le public en poche avec un final encimista fait de redondos , martinettes et luquecinas. A la suerte suprême, il ne trembla pas et logea une entière efficace.Oreille avec pétition de la seconde.
Le dernier du lot mit bien les reins face au picador sur la première prise de châtiment avant d'en recevoir une seconde, très maladroite, sur l'épaule. Le public demanda au péruvien de banderiller, ce qu'il déclina par un joli sourire. Avec un public acquis à sa cause, Roca Rey débuta sa faena par des statuaires pleines de stoïcisme. Profitant de la douce noblesse de son adversaire, le diestro développa une tauromachie fine et variée, signant ainsi une faena importante , comportant les meilleurs échanges de la tarde. Précis dans ses toques , il embarqua le public et son bicho dans de longues tandas délicates, toutes en temple et en justesse technique. Il rematera cette prestation par des manoletinas allurées avant de faire vaciller son astado d'une estocade fulgurante. Deux oreilles et vuelta posthume au toro.

 


Arènes de Béziers (34)
Dimanche 13 août à 18h
6 toros de Garcia Jimenez (Salamanca)
Poids : 540 , 503 , 538 , 515 , 520 , 525.
2/3 d'arènes
Durée : 2h25
Beau temps avec un léger vent.


E.Ponce : Ovation avec Salut après avis / Ovation avec Salut après avis
A.Talavante : Oreille / Silence après avis
A.Roca Rey : Oreille après avis / Deux oreilles.


Roca Rey sortit à hombros par la grande porte de la plaza bitteroise.
Le toro, portant le nom d'Escondido, sorti en sixième position, né en avril 2013 , pesant 525 kgs fut primé d'une vuelta posthume.


Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : ElTico