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Bayonne (03/09/2017 - tarde) : Le triomphe de Sebastien Castella...

©Philippe Latour
©Philippe Latour
La cloture bayonnaise s'est terminée dans l'enthousiasme généré par la grande prestation de Sebastien Castella. Si les critères d'attribution des trophées de la présidence bayonnaise peuvent être sujets quelquefois à caution, il n'empêche que le biterrois a livré une performance de haute volée.

On ne pourra en dire autant d'Antonio Ferrera absent ce jour en terre bayonnaise, Jose Garrido livrant quant à lui une prestation volontaire bien que non aboutie.
Le lot de Bañuelos limite en terme de présentation, fut sauvé par la pelea de l'excellent 5ème, Velloson récompensé d'une vuelta posthume réclamée par le public et le torero lui-même.

Discrète sera la prestation d'Antonio Ferrera guère motivé. Certes Perdigon, 1er de l'envoi, fut difficile à fixer au capote et ne montra guère de velleités offensives à la pique mais dès les banderilles toutes à cornes largement passées, on sentit bien que le natif d'Ibiza n'était dans un bon jour. Il s'employa néanmoins à faire les choses correctement à un animal soso. Si le corps se redressa au fil des séries, l'ensemble ne décolla jamais vraiment et fut médiocrement conclu de 3/4 d'épée et 5 descabellos - silence
Le 4ème au comportement de sauteur dans le capote, ne lui plut guère. Deux dures piques et un refus de banderiller, le confirmèrent. La faena sera très courte, Ferrera démissionnant très vite devant le toro et un public frondeur. Afreuse conclusion à l'épée. Sifflets

Au contraire, Sebastien Castella fut décidé toute l'après-midi. Au 1er réservé à sa sortie, il débuta sa faena par des statuaires de qualité, et continua par une première série de derechazos soulevant les premiers olés de l'après-midi. Malheureusement, le Bañuelos se vida vite de ses forces obligeant Sebastien à réduire très vite les distances. Avec professionnalisme, il fera durer la faena en alternant les séries encimistes des deux bords générant l'enthousiasme du public. L'entière tombée couchera Moldavo et le 1er trophée tombera logiquement du palco avant qu'il ne soit doublé de manière incompréhensible sous pression populaire.
Dès sa sortie Velloson même s'il n'est pas beau, montre qu'il est un toro de classe et Castella le salue de véroniques genou ployé de bel effet. Bien piqué en dosant le chatiment en deux fois par Jose Manuel Moreno, le Bañuelos arrive avec une charge vibrante dans la muleta du français. Le début toujours aussi spectaculaire par passes cambiadas va faire monter la température et les 4 premières séries (2 à droite, 2 à gauche) qui suivront le seront avec temple, suavité et sens artistique. Dommage que le toro baisse légèrement d'un ton par la suite car Castella est obligé de réduire les distances et la suite sera moins esthétique mais pas moins prenante, le biterrois excellant dans cette tauromachie près des cornes. L'entière portée avec foi est concluante et les deux oreilles cette fois sans discussion possible tombent, accompagnées de la vuelta du noble Bañuelos salué par le public et le torero qui a visiblement pris beaucoup de plaisir à toréer.

Jose Garrido doit être encore en train de se demander pourquoi son premier adversaire dut repartir au corral, seul le président J Oxandaburu doit le savoir. Après cet épisode du mouchoir vert, sortit un sobrero du même fer. Mal lidié et au comportement bizarre, il posera des problèmes insolubles à Garrido qui abrègera rapidement sans que personne ne lui en tienne rigueur. Silence.
Le dernier de l'envoi, avisé, compliqué mettra en lumière les limites de cet encore jeune matador qui n'est pas encore un lidiador averti. Volontaire, il reste quand même en périphérie pour donner ses passes surtout à gauche où l'animal se retourne vite. Il va quand même insister pour trouver la clé et près des barrières finir par servir deux séries dominatrices pour prendre le dessus. Malheureusement l'estocade sera médiocre et Garrido se contentera de saluer.

 


Arènes de Bayonne
Dimanche 3 septembre 2017
Clôture de temporada
Entrée : 3/4 d'arène
7 Bañuelos (le 3 étant remplacé par un sobrero du même fer)

Antonio Ferrera : silence - sifflets
Sebastien Castella : 2 oreilles (avis) -2 oreilles (avis)
Jose Garrido : silence - saluts (avis)

Ont salué après les banderilles R Viotti (au 2ème) ; Jose Francisco Borrero et Vicente Herrera (au 5ème)

Philippe Latour


Voir le reportage photographique : Philippe Latour