• 1

Arles (10/09/2017) : Une oreille chacun, pour le défi ganadero de clôture de la Temporada Arlésienne...

©ElTico
©ElTico
Il manquait du monde sur les étagères pour cette corrida de clôture de la temporada Arlésienne. Et c'est regrettable car la tarde, initialement annoncée comme un hommage à la ganaderia de Miura mais transformée par les aléas du maniement des toros de combat en défi ganadero, s'est avérée prenante et a révélé un grand toro de Baltasar Ibán, sorti en cinquième position et honoré d'une vuelta posthume. Si l'on prend en compte les deuxième et troisième Miuras de l'envoi, qui ont autorisés des passages appréciés du conclave, la balance est plutôt positive et l'expérience à renouveler.

Du côté des toreros, beaucoup d'émotions avec le combat de lion de Rafaelillo face au premier Ibán, qui ne lui a rien épargné ; le tercio de varas de Gabin Rehabi face à "Peletero", qui lui l'a vu remporter le Prix de Meilleur Picador et rendre ainsi hommage à Jacques Monnier, un très grand trop tôt disparu et le brindis de Mehdi Savalli à son banderillero Chico Leal, pour son dernier paseo.
Au final, une oreille par coleta, un résultat statistique logique bien qu'une deuxième oreille ait été demandée avec force, mais pas majoritairement par le public pour le torero local Mehdi Savalli, à une Présidence inflexible.

Laurent ElTico Deloye


La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Rafaelillo fut obligé de lidier par fuera un animal souhaitant en découdre par des coups de tête emplis de violence. Face à un piquero très maladroit, le bicho poussa sur la première rencontre avant une seconde trop forte pour les conditions d'un Miura montrant de la faiblesse. Sur les premiers échanges, le toro se défendit beaucoup, perdant au passage les mains par deux fois. Face à cette absence de matière première et après des essais infructueux sur chaque bord, le torero de Murcia abrégéa logiquement, tuant par une entière habile avant deux coups de descabello. Silence.

Mehdi Savalli salua par de vibrantes veroniques son Miura, ponctuant par deux remates très stylés. Le pensionnaire de Zahariche se distingua sur la première pique en poussant le cheval de Jean Loup Aillet jusqu'à le faire tomber au sol. La seconde fut donnée pour la forme. Mehdi écouta ensuite une forte ovation après un tercio de banderilles varié, clouant les deux dernières paires par violin et quiebro. Entame de faena soignée et ajustée par statuaires après un brindis aux étagères. Le Miura se révèla cette fois mobile avec beaucoup de transmission dans ses charges. Après des échanges droitiers sur courant alternatif, Mehdi parvint à sortir de son voile une série de naturelles de bon goût et bien rythmée. Hélas, il ne réussit pas à rééditer ces échanges lors de la suite de son combat. Manoletinas de clôture avant de connaître une mort longue en trois temps. Ovation avec Salut.

Rubén Pinar accueillit un Miura violent lors des échanges capoteros. Au tercio de varas, l'astado eut plus tendance à s'endormir contre le peto qu'à pousser lors de deux rencontres. Au dernier tercio, le bicho se révèla être à demi charge, manquant d'humiliation dans ses embestidas. Face à cet animal restant court, le torero de la province d'Albacete laissa un leurre doux à hauteur de hanches pour lui extraire des séries ambidextres très appliquées, faisant au passage admirer une belle technique. En fin de faena, le bicho n'avait plus rien à proposer, à part de la violence. Il en fallait plus pour décourager un téméraire Ruben Pinar qui alla chercher les derniers muletazos dans des périmètres restreints, connectant ainsi avec un public conquis par sa vaillance et sa volonté. Il paracheva cette prestation par un trois quart de lame libérant logiquement un pavillon du palco présidentiel. Oreille.

Rafaelillo connut un capoteo de réception heurté avant de conduire son Baltasar Iban pour deux rations de fer excessives mais prises en brave. Dès l'entame de faena, le toro montra des intentions pas toujours claires, se retournant sur les chevilles, avec une violence clairement affichée. Devant ces complications, Rafaelillo n'abdiqua jamais, enfilant le bleu de chauffe pour livrer un combat valeureux à cet astado très boisé. Dans une muleta poderosa, il parvint à imprimer des tandas d'une belle intensité notamment sur le piton droit, s'attirant ainsi les faveurs du public. A la suerte suprême, il logea un estoconazo sin puntilla lui permettant de promener une oreille largement méritée. Oreille.

Réception décidée de Mehdi par larga suivie de veroniques, genou ployé, face au cinquième du jour. Gabin Rehabi se distingua lors du tercio de piques, donné en quatre rencontres, se montrant précis face à un animal s'élancant de loin mais sans jamais pousser vraiment la cavalerie. Tercio de banderilles précis et plein d'alegria du bucco-rhodanien. Brindis à Chico Leal. Face à un Baltasar Iban très intéressant à la muleta, mais qui accusa logiquement les deux tercios précédents où l'on y avait demandé beaucoup, Mehdi servit un trasteo plaisant, supérieur sur tribord, mais qui eut du mal à prendre son envol. Il terminera sur la courte distance par redondos et muletazos relâchés, estoquant d'une entière contraire suivie d'un coup de verdugo efficace. Oreille et vuelta posthume au toro. Lors de son tour de piste, Mehdi invita Gabin à le rejoindre.

Réception discrète par Ruben Pinar du dernier Baltasar Iban avant de le conduire face au lancier pour deux piques sans histoire. Sur la droite, le toro dépourvu de classe se défendit beaucoup dans les échanges, tandis que sur la pendante il proposa seulement un quart de charge. Face à cet animal sans qualité, qui se montra de plus en plus parado au fil des échanges, l'espagnol se retrouva sans matière pour s'exprimer. Mort par une entière fulgurante au second envoi. Silence.


Amphithéâtre d'Arles (13)
Dimanche 10 septembre 2017 à 17h.
3 toros de Miura (1,2,3) et 3 toros de Baltasar Iban (4,5,6).
Poids : 600, 610, 580, 520, 530, 540.
Gros tiers d'arène.
Beau temps avec vent parfois gênant.
Durée : 2h35

Rafaelillo: Silence / Oreille
M.Savalli: Ovation avec Salut après avis / Oreille après avis
R.Pinar: Oreille / Silence


Le toro, portant le nom de "Peletero", portant le numéro 46, pesant 530 kilos et né en février 2013 fut primé d'une vuelta posthume.
Prix du meilleur picador attribué logiquement à Gabin Rehabi.

Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : ElTico