Dax (15/08/2013 - matin): ...grisaille sous le ciel bleu

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Photo : Philippe Latour
Photo : Philippe Latour
La théorie du melon selon laquelle on ne sait jamais ce qu’un toro va donner une fois sortie en piste a ses limites. Après Bayonne, Ricardo Gallardo est encore resté très discret dans le callejon en cette matinée dacquoise. Aucun des six exemplaires d’aimable présentation n’a présenté un intérêt quelconque lors de ses vingt minutes de vie publiques. 

Douze animaux, douze purges : à croire qu’on ne sait plus élever chez Fuente Ymbro. Pour ce mano a mano, les arènes s’étaient remplies complètement. L’aimable public prêt à s’enthousiasmer à la moindre occasion, est resté patient espérant jusqu’au dernier qu’une étincelle mette le feu aux poudres.

Miguel Angel Perera  ( hemoglobine & or) n’avait pas l’œil du tigre. A son premier sans transmission, il fit gentiment le métier dans une faena pour le moins longuette (1 avis) et conclue avec peine. Au troisième de la matinée qui donna une impression de dynamisme dans la cape, après deux contacts ne proposa que sa triste soseria. Perera fut mécanique .Une partie du public s’en agaça. La faena se termina dans le silence. Avec son cinquième quasiment non piqué, le grand Miguel traça beaucoup de lignes parallèles avant de terminer plus dans les cornes et dans sa traditionnelle tauromachie circulaire qui réveilla quelque peu le conclave. Une entière efficace lui permit de couper une petite oreille.  

Petite journée pour Ivan Fandiño (ballot de paille &or) Le deuxième Fuente Ymbro le seul à avoir une once de « bravitude » dans une pique, se réserva très vite en début du combat final et le basque tira en force les passes à un toro qui préféra gratter le sol que de charger. Entière. Ovation Il fallut attendre le quatrième pour entendre la musique résonner. A ce toro nommé Jazmin mais qui contrairement à son illustre homonyme fuyait le combat, Fandiño avec rage construisit une faena qui rapidement rencontra le peu de possibilités du toro. Conclusion délicate en trois épées et sept descabellos. Au dernier qui n’avait aucune qualité, Fandiño lui-même finit par baisser les bras devant le manque de force et la charge très courte  de son adversaire et après une entière connut encore une difficile conclusion avec le descabello (sept essais).

Cette feria dacquoise a commencé sur un mode mineur et ne peut que monter en charge. Fuente Ymbro traverse pour le moins une passe délicate. Quand l’élevage devient une véritable industrie, la caste se dilue. A Ricardo Gallardo d’en tenir compte pour corriger le tir.

 

Philippe Latour