Dax (17/08/2013) : ...rien ou presque!

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Photo : Philippe Latour
Photo : Philippe Latour
On a frôlé le néant à Dax cet après–midi. Il sera éminemment facile de tout mettre sur le dos des toros d‘El Pilar aux gabarits quelconques sans que l’on puisse pour autant crier au scandale. A part le premier, une vraie sœur de bonté dégoulinant de noblesse, les autres exemplaires furent désespérant.

Deux d’entre eux durent au passage être changés pour boîterie, le sobrero du même fer et celui de Luis Algarra se mirent sans problème au diapason des titulaires. Douze piques (dont 6 pour faire appliquer le règlement).

Une fois cela dit, doit-on faire l’économie de critiques vis-à-vis des piétons du jour ? El Juli fleura rapidement la bonne affaire avec le premier qu’il entreprit dans une faena où il sut facilement templer les charges de l’El Pilar mais à une distance fort raisonnable ne risquant pas l’accrochage de son costume -celui qu’il portait à Seville lors de sa cornada- Quand le toro réduisit ses charges, Juli s’adapta en proposant nombre de passes en ronds qui séduisirent le public. Vilain Julipie au 2ème essai. Réglementairement le président Caup aurait dû accorder l’oreille demandée majoritairement. Il ne la concéda pas, ce qui sur le fond était loin d’être scandaleux. Ce ne fut pas du tout mais alors pas du tout, du goût du public qui obligea Juli à faire une vuelta et réserva une très belle bronca à la présidence. A son second, à la charge bizarre qui le rendait dangereux, séance d’époussetage de la piste très vilainement conclue épée en main

On vient voir Manzanares le fils et on croit revoir le père des mauvais jours. Passes sans aucune saveur et périphériques à un premier El Pilar sans énergie, la main gauche n’étant pas du tout utilisée. A l’Algarra qui avait donné un semblant de dynamisme à son entrée en piste mais qui se vida à l’entame de la faena, Jose Mari ne fit même pas l’effort de faire croire qu’il était un tant soit peu motivé et abrégea sans trop s’en offusquer d’un bajonazo fulminant.

Talavante au premier sobrero, se contenta d’empiler mécaniquement des passes sans intérêt à un toro vidé de toute substance et qui chargeait par simple atavisme. Au dernier, sans aucun sens de la psychologie collective, il brinda la mort du toro au public. Il ne fallut à ce dernier que quelques séries pour rapidement donner des signes de faiblesses. Talavante en infirmier donna des passes sans pouvoir baisser la main et resta fort décroisé. Tout se termina dans l’agacement général et une profonde désillusion.  

Philippe Latour

 

Dax  (17 août 2013)

Plein  7 El Pilar et 1 Luis Algarra (le 3 et 5 furent changés  pour boiterie)

El Juli                           vuelta/silence

JM Manzanares            silence parsemés de sifflets/avis partagés

Alejandro Talavante       silence/silence