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Arles (01/04/2018 - matinale) : La seule oreille pour Adrien Salenc, meilleur novillero ; le prix au meilleur novillo pour Callet...

©ElTico
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Qu'elle a du faire du bien, cette oreille pour Adrien Salenc, qui n'avait pas remis le costume de lumières depuis maintenant huit mois. Elle lui vaut le Prix au meilleur Novillero et aurait pu être double s'il n'avait pinché son second combat face à l'exigeant Pagès-Mailhan.

L'Arlésien a dominé les débats de la tête et des épaules. Mais cette course aura été marquée par une de ses anecdotes dont la tauromachie rafole : Le novillero de Callet vainqueur du Prix a marqué les limites actuelles d'El Adoureño, incapable de se hisser au niveau de ce formidable combattant venu de Mas de Malaga, dont une quatrième rencontre avec le groupe équestre aurait peut-être calmé les ardeurs. Au résultat, une impression de gâchis et une bronca pour l'Aquitain, qui rate ainsi sa présentation dans le Sud-Est. Quant à El Rafi, qui faisait sa présentation en piquée, il n'a pas démérité loin s'en faut et s'est même montré digne et à la hauteur de l'évènement. Seule la barre était un peu haute...

Laurent ElTico Deloye

 


La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Adrien Salenc réceptionna son Concha y Sierra par veroniques avant de le conduire pour deux rations de fer où il poussa sur la première rencontre. Hélas à la sortie de cette rencontre, le novillo perdit les mains à plusieurs reprises. Petite frayeur lors de la première pose de banderilles où Rafael Cañada se fit attraper, sans dommages corporels apparents. Dès les échanges initiaux de muleta, le Concha y Sierra confirma ce manque de force. Face à ce paramètre, Adrien sortit un voile doux, parfaitement adapté aux conditions de son opposant, pour en extraire le meilleur, construisant ainsi une faena d'intérêt. Sous les accords de Chicuelo, le protégé d'Olivier Baratchart servit sur chaques bords des séries harmonieuses avant de terminer dans des terrains rapprochés. Il conclut son trasteo par des manoletinas très serrées avant de loger une entière sin puntilla au deuxième essai. Oreille.

Le novillo de Los Galos fut mal piqué sur deux contacts à la cavalerie. Entame de faena par cambios, plein centre, après un brindis à Juan Bautista. Dès les premières tandas le bicho se montra mobile mais affichant un côté manso. El Adoureño livra une prestation volontaire et variée mais l'ensemble manqua cruellement de construction. Mort par une lame basse. Ovation avec Salut.

El Rafi salua son Laget par larga, enchaînant par veroniques et chicuelinas. Au tercio de varas, l'utrero ira rencontrer la cavalerie par deux fois, recevant la première dose dans l'épaule avant rectification. Le Rafi cloua lui même les palos, dans un tiers de banderilles très engagé, récoltant une ovation à l'issue. Dans la muleta du Nîmois, le pensionnaire de la Chassagne se montra maniable mais manquant de fond. Le Rafi fut appliqué et ne démérita pas. Il imprima quelques naturelles de bon goût mais ne parvint jamais à faire décoller l'ensemble. Mort en cinq temps. Ovation avec Salut.

Adrien Salenc reçut son Pagès Mailhan par de douces veroniques avant de rencontrer la cavalerie par deux fois, pour deux légères piques. Échange de quite entre Adoureño par calecerinas et Salenc par navarras. Au dernier tiers, le novillo se montra compliqué, ne proposant qu'une demi-charge et jouant des pitons lors des échanges. Adrien mit le bleu de chauffe et à base d'abnégation et de technique, il parvint à servir un trasteo convaincant. Sûr de son toreo, il ira arracher à cet utrero de notables séries sur les deux bords. Il rematera sa faena par des passes aidées par le haut très allurées avant de tuer par un coup de descabello après une demi lame. Vuelta après pétition non concédée par la présidence.

Le novillo de Callet, applaudi à son entrée en piste, est un utrero très sérieux, formé comme un "toro". El Adoureño l'envoya se faire sévèrement châtier sur deux rencontres où le manque de lidia fut flagrant. Face au piquero, le bicho se mit en évidence, rentrant avec force et poussant la monture. La présidence changea le tiers alors qu'une dernière pique n'aurait pas été de trop. Au dernier tiers, le Callet se montra encasté avec beaucoup de mobilité et de présence en piste. El Adoureño ne fut jamais en mesure de se mettre à la hauteur de cet adversaire qui demandait une muleta plus ferme et technique que ce que le novillero avait a proposer. Après quelques essais timides sur chaques pitons, Adoureño abrégea sa faena.Mort par entière. Vuelta posthume au novillo et bronca pour Adoureño.

Le Blohorn est également applaudi à son entrée pour sa présentation. Il rencontra le groupe équestre pour deux puyas où l'utrero mit les reins sur la première. El Rafi posa à nouveau les banderilles. A la muleta, le Blohorn était du genre exigeant, à demander les papiers. Pour sa première novillada piquée, le Nîmois fut mis à l'épreuve et le manque d'expérience se fit sentir pour en extraire autre chose. Ne baissant pas les bras, il parvint en fin de trasteo à imprimer quelques passages méritoires. Silence.


Arènes d' Arles (13)
Dimanche 1er avril.

6 novillos de différentes ganaderias françaises ; Los Galos , Laget , Concha y Sierra , Blohorn , Pagès Mailhan et Callet.
1/3 de plaza.
Beau temps
Durée : 2h40

A.Salenc : Oreille après avis / Vuelta après avis
El Adoureño : Ovation avec Salut / Bronca
El Rafi : Ovation avec Salut / Silence après avis

Le prix du meilleur novillo a été attribué par la CTEM au novillo de Callet , de nom Callet , portant le numéro 14 et né en février 2015.
Le prix du meilleur novillero a été décerné par la jeunesse taurine du Pays d'Arles à Adrien Salenc.

Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : ElTico