Arles (02/04/2018 - tarde) : Luis David Adame triomphe des Alcurrucén en clôture...

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©ElTico
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Un vent de fraîcheur, au propre comme au figuré, a soufflé sur les arènes d'Arles lors de cette corrida de clôture du cycle Pascal 2018, qui a vu le triomphe du jeune matador d'Aguascalientes Luis David Adame, auteur de deux belles prestations qui lui ont valu de couper une oreille à chacun de ses toros.

Les pensionnaires de la Casa Lozano, irréprochables de présentation, ont donné un jeu varié et permis une tarde agréable, seulement ternie par le froid et l'humidité qui ont rendu la fin de course éprouvante pour ceux qui n'avaient pas prévu leur petite laine.
On a également pu apprécier la qualité du toreo de José Garrido, qui a servi une grande faena à son premier, un bon Alcurrucén auquel il coupa une oreille et sa détermination face à l'exigeant cinqueño sorti en cinquième position. Quant à El Fandi, impressionnant d'aisance mais assez sobre aujourd'hui aux banderilles, il coupa une oreille au terme de son second combat sans être allé puiser outre mesure dans les qualités de son adversaire.

Laurent ElTico Deloye

 

La chronique d'Alexandre Guglielmet :

El Fandi salua son premier toro par larga de rodillas avant de le lidier par fuera jusqu'au centre de piste. Entre deux rations de fer prises avec force, le Fandi édita un joli quite par chicuelinas, compas ouvert. Garrido partit également au quite par des chicuelinas très fines. Le natif de Grenade posa les palos avec efficacité, clouant la dernière paire al violin. L'animal se montra mobile, chargeant avec transmission et exigence. Le Fandi, averti à plusieurs reprises, ne fut jamais en mesure de s'entendre avec lui. Deux tiers de lame sans grand engagement. Silence.

Le premier toro de José Garrido prit deux piques sans histoire. Après un brindis à Juan Bautista, Garrido gagna le centre les deux genoux en terre, enchaînant par une série de derechazos déclenchant les premiers olés de la tarde. Face à ce toro de bon son, Garrido ne laissa pas passer l'occasion de se mettre en valeur, notamment sur la zurda où il dessina quelques séries très a gusto. Trouvant sans attendre le bon sitio, le natif de Badajoz servit une faena inspirée, toreant avec profondeur et agrémentant le tout de trincheras et changements de main de catégorie. Il termina cette belle prestation par des bernardinas sans épée, très engagées, se faisant une frayeur sur le remate en frôlant l'accrochage. Entière un poil basse, suivie d'un grand coup de descabello. Oreille.

Luis David Adame salua le troisième par un capoteo fleuri avant de le conduire au cavalier par chicuelinas. Au tercio de varas, le toro montra de la qualité par deux fois. Brindis à Juan Bautista. Face à cet Alcurrucen noble mais manquant un poil de force, Adame servit une prestation appliquée et petit à petit il réussit à donner de l'intérêt à son trasteo. Il conclut par bernadinas ultra serrées avant de tuer d'une lame entière efficace. Oreille.

El Fandi réceptionna son toro par un capoteo heurté, se faisant désarmer sur le remate. Après deux puyas sans grand relief, Garrido sortit au quite pour trois veroniques ponctuées par une larga cordobesa. A l'ultime tiers, l'astado se révéla être un très bon collaborateur avec beaucoup de classe dans ses embestidas. Hélas, le Fandi ne se montra jamais à la hauteur de son opposant, peguant des passes sans profondeur ni sentiment. Difficile de comprendre ce qui a pu pousser le public à demander l'oreille après cet ensemble superficiel où il abusa d'une tauromachie pueblerina, à base de redondos, molinettes à genoux et artifices pour toucher les tendidos. Oreille après une épée basse.

Le cinquième est un toro très sérieux avec un tête agressive. Face au cheval, il rentra avec force par deux fois, se faisant durement châtier sur la seconde pique. Face à un animal se décomposant au fil des minutes, Garrido, très volontaire, tira le maximum de cet exemplaire mais sans jamais parvenir à donner du relief à ses efforts. Mort par un trois quart de lame rapide. Ovation avec Salut.

Adame lidia par fuera le sixième exemplaire de la tarde avant de le voir rencontrer le lancier pour deux rations de fer pour la forme. Cet Alcurrucen proposait seulement une demi charge à cause d'un manque de force, mais suffisamment de noblesse pour permettre au mexicain de s'exprimer. Face à ce bicho nettement supérieur sur la rive droite, Adame construisit un trasteo rondement mené, initié par statuaires. Sous les accords musicaux, il enchaîna les tandas de derechazos avec rondeur et liant. Sur la pendante, corne moins propice au toreo, le natif d'Aguascalientes ne s'attarda pas. Manoletinas de clôture avant de loger une épée basse d'effet rapide libérant une oreille du palco.

 

Arènes d'Arles (13)
Lundi 2 avril 2018 à 16h30
6 toros d'Alcurrucén
Poids : 535 , 530 , 520 , 535 , 525 , 530.
Temps gris et venteux.
Durée: 2h40
1/3 de plaza.

El Fandi : Silence / Oreille après avis.
J.Garrido : Oreille après deux avis / Ovation avec Salut.
L.D.Adame : Oreille / Oreille.

Luis David Adame est sorti à hombros de la plaza.

Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : ElTico